3 août 2020

Histoire des centres sociaux

« Qu’est-ce qu’un centre social ? », film (de 3 minutes 27), réalisé par la Fédération des centres sociaux pour observer le but et les objectifs d’un centre social.  Publié sur YouTube le 19 janvier 2016.

D’après le livre de Robert DURAND, Histoire des centres sociaux : du voisinage à la citoyenneté, Paris : la Découverte, 2006 et le site internet de la FCSF. 

En suivant l’exemple des settlements en Angleterre et en Amérique, la première forme de centre social naît en France à l’initiative de Marie GAHERY en 1896. Cette dernière fait appel à Mercedes LE FER DE LA MOTTE pour animer le centre social de Popincourt à Paris, appelé « œuvre sociale ». C’est le point de départ des maisons sociales et des résidences sociales françaises. A cette période, les centres sociaux sont en direction des « travailleurs » afin de résoudre la question sociale, c’est-à-dire de résoudre le problème d’exclusion de la classe ouvrière dans la société. Le centre social est mis en place pour lutter contre la misère ouvrière. L’objectif des centres sociaux est de rendre les habitants acteurs et citoyens de leur vie en communauté. Puis, les centres sociaux se développent de plus en plus et sont ouverts à tous. L’approche et la démarche globales apparaissent comme notions clés des centres sociaux.

Après la Première Guerre Mondiale, ils se développent avec l’aide des Américains qui ont de l’expérience dans les settlements afin de venir en aide aux régions dévastées. Ensuite, ils s’étendent au monde rural car ils sont considérés comme un bon outil pour améliorer les conditions de vie des habitants et freiner l’exode rural.

C’est pourquoi, en 1922, la Fédération Française est créée à l’initiative de Marie-Jeanne BASSOT et à la demande des anglo-saxons pour organiser un congrès national et rassembler les centres sociaux. Le terme de « centre social » est utilisé officiellement pour rassembler l’ensemble des structures. Le statut d’association pour la Fédération ne se fera qu’en 1927 et elle est reconnue d’utilité publique en 1931. C’est la première instance permettant le développement des centres sociaux au niveau national.

Après la Seconde Guerre Mondiale, l’Union Nationale des Caisses d’Allocations Familiales (UNCAF) et la CCMSA (Caisse Centrale de Mutualité Sociale Agricole) généralisent la politique familiale à travers les Caisses d’Allocations Familiales (CAF) et les Caisses de la Mutualité Sociale Agricole (MSA). Celles-ci sont les nouveaux promoteurs des centres sociaux en permettant la création de nouveaux centres partout en France. Cela favorise l’accès des services sociaux et médico-sociaux aux familles.

Pendant cette période, le cadre de vie évolue. En effet, c’est un contexte de réaménagement urbain, de développement de l’industrie et notamment du tertiaire qui accompagne le phénomène de « baby-boom ». L’isolement social se fait de plus en plus ressentir et donc le besoin d’équiper et d’animer ces nouveaux quartiers apparaît. Le monde rural est également en crise, notamment avec l’exode rural. Là encore, le centre social apparaît comme un équipement permettant des actions polyvalentes.

Dans les années 1960, de nouveaux centres sociaux se développent dans les nouveaux logements impulsés par la politique intensive d’aménagement urbain. La participation des habitants est une notion qui devient très importante, dans une vision et une démarche globales.  L’habitant n’est pas qu’un simple usager, mais un acteur de la vie du centre, associé à son animation et à sa gestion.

Dans le but de s’unir, les centres sociaux vont se regrouper en fédérations locales (départementales et/ou régionales), adhérentes à la FCSF.

En 1967, l’UNCAF devient la CNAF. La même année, la Fédération devient la Fédération des Centres Sociaux et Socioculturels de France.

Puis, la fonction d’animation sociale locale et globale des centres sociaux se développe dans la plupart des centres sociaux à travers la mise en place de l’agrément du centre social par la CNAF (1971).  Cet agrément permet un financement spécifique : la prestation de service. Cette prestation vise « à développer sur le plan quantitatif et sur le plan qualitatif les services et établissements sociaux en leur procurant des ressources nouvelles de caractère certain pour leur fonctionnement » et « permettre de mieux adapter les participations financières des familles qui utilisent ces équipements à leurs facultés contributives réelles » (DURAND, Robert. Histoire des centres sociaux : du voisinage à la citoyenneté, Paris : la Découverte, 2006, pp. 117-120).

De plus, les années 1980 sont un tournant pour les centres sociaux avec la décentralisation qui délègue un grand nombre de compétences de l’Etat aux collectivités locales (départements et communes), notamment en termes de politiques sociales. Ainsi, la politique familiale dépend des CAF. Dans ce sens, l’agrément est décentralisé en 1984 ce qui permet à chaque CAF de l’attribuer en fonction du projet social élaboré par les centres sociaux, pour les quatre prochaines années. La notion de « projet » devient centrale pour l’attribution de l’agrément.

En 2000, les centres sociaux et socioculturels adoptent la Charte des centres sociaux et socioculturels à Angers. En 2013, ils affirment leurs priorités à Lyon telles que permettre le développement du pouvoir d’agir des habitants.

 

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